• La notion d’investissement "éthique" est souvent confondue avec celle d’investissement socialement (ou sociétalement) responsable (ISR[1]) et réduite à celle-ci (ce qui déjà n’est pas peu). Cette dernière notion est elle-même étroitement associée à celle de RSE (responsabilité sociale/sociétale d’entreprise)[2] ; l’investisseur socialement responsable [3] est celui qui investira dans des entreprises socialement responsables (CQFD), pour peu que leurs critères soient communs ou compatibles et que les résultats financiers (plus-value à la sortie) escomptés soient suffisamment attrayants. Les critères ESG[4] ou ISR sont en correspondance étroite avec les critères RSE, eux-mêmes dérivés de l’idéologie du Développement Durable. On voit donc s’installer implicitement une transitivité entre «éthique» et «RSE» via les investisseurs et le facteur «capital» de l’entreprise, qui conduit à soulever la question : «La RSE est-elle réellement une exigence de nature éthique ?» Une autre façon de poser la question serait «Quelle est la nature des relations entre éthique des affaires et RSE» ?

    C'est aussi l'occasion d'une promenade parmi les différents éclairages qui peuvent être apportés au "phénomène RSE".



    [1] Selon Novethic, l’ISR consiste à intégrer des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans la gestion financière. Il prend des formes différentes selon les attentes des investisseurs qui le pratiquent. L’ISR rassemble toutes les démarches qui consistent à intégrer de façon systématique l'analyse de critères extra-financiers dans le cadre d'une gestion d'actifs financiers. A ce stade, les pratiques sont variées du fait de l'absence de norme cadrant le domaine de l'ISR, en lien avec le développement relativement récent de ce concept.Les récents décrets pris après la COP 21 ("Label ISR")  n'apportent pas de précisions, ce n'est d'ailleurs pas leur rôle; ils visent à standardiser les pratiques et à garantir un minimum de sérieux.

    [2] On privilégiera ici la définition du Livre vert RSE de l’Union Européenne, 2001 : « [La RSE est] ce que les entreprises réalisent volontairement dans les domaines environnemental et social dans le cadre de leurs relations commerciales avec leurs parties prenantes, une fois satisfaites leurs obligations légales.» ; reformulé en 2011 comme suit : «Concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire.»

    [3] Dans la suite, on se contentera de l’adjectif « socialement » sans davantage faire la distinction social/sociétal, qui tient beaucoup au souci franco-français de ne pas réduire les préoccupations concernant le bien commun de la société aux seules relations sociales, elles-mêmes étroitement associées aux RH (ressources humaines) ou au fameux «dialogue social».

    [4] Environnemental, Sociétal et Gouvernance – grille la plus fréquemment utilisée actuellement par le capital-investissement , dérivée de l’UNPRI (United Nations Principles for Responsible Investment).

     

    Lire la suite...

    Partager via Gmail Yahoo!

    1 commentaire
  • D'après quelques rapides investigations sur la Toile et dans nos archives, il semble bien que la parabole de l’intendant infidèle (saint Luc 16, 1-18) ne soit que rarement citée, lorsqu’il est question de vision chrétienne de l’écologie. Pourtant, la transposition à la gestion par l’humanité des biens mis à sa disposition par le Créateur, semble aller de soi : depuis un ou deux siècles, nous nous acquittons dans l’ensemble avec une négligence grandissante de notre tâche d’intendants de la Terre. Dans certains cas, nous saccageons et dilapidons ce patrimoine au lieu de le cultiver et le faire fructifier. Le Créateur est donc en droit de nous demander des comptes sur la gestion des biens qu’Il nous a confiés, de génération en génération, ce qui doit nous conduire soit à nous réformer soit au minimum à chercher une issue honorable comme le fait l’intendant de la parabole.

     

     

    Lire la suite...

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • NOTE D'ECLAIRAGE SUR LES QUESTIONS EUROPEENNES  L'académie catholique de France m'a demandé de rédiger une "note technique" sur deux événements concernant l'Europe: le Brexit et le projet de traité commercial transatlantique. Il ne s'agit pas d'une "prise de position" mais d'une analyse technique et éthique, à la lumière de la Doctrine sociale de l'Eglise, destinée à aider chacun à réfléchir à ces sujets importants. Cette note est publiée sur le site de l'Académie catholique de France

    Lire la suite...

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • L'ECONOMIE DE MARCHE PEUT-ELLE FONCTIONNER SANS ETHIQUE?L'économie de marché a besoin d'une éthique pour susciter la confiance, indispensable à son bon fonctionnement. Mon analyse, publiée sur le site Aleteia.   http://questions.aleteia.org/articles/148/leconomie-de-marche-peut-elle-fonctionner-sans-ethique/

    (Après chaque paragraphe, cliquer sur "en savoir +", pour avoir l'analyse détaillée.)

    Lire la suite...

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires