• Barthélemy Laurent

  • Le projet de loi PACTE (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) est sorti de l'Assemblée nationale pour être examiné par le Sénat. On trouvera ici le récapitulatif (à date du 09/10/2018) des articles de ce projet,  avec une analyse plus approfondie des suites données (ou pas) au rapport Notat-Senard (L'entreprise, objet d'intérêt collectif, mars 2018). Le rapport Notat-Senard avait fait l'objet de mes articles Société à objet social étendu (SOSE) (voir aussi AEC droit des entreprises et bien commun ) et  Rapport Notat Senard 03/2018  Pour une analyse plus approfondie de l'ensemble du projet de loi PACTE, voir mon blog Hyperion LBC, dont est extrait ce qui suit. Le projet de loi, passé de 73 à 195 articles lors de l'examen par l'Assemblée nationale, devrait être promulgué au premier trimestre 2019 après son passage au Sénat. Ce texte, compte tenu de sa nature très disparate en forme de cavalier budgétaire, mériterait le nom de "paquet" au sens bruxellois du terme, plus que de loi.

    projet de loi PACTE: gouvernance des entreprises

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  • Cet article a été initialement publié sur mon blog professionnel  Hyperion LBC . J'y ai ajouté ici (paragraphe 2.) quelques considérations explicitement catholiques.

    Si l’éthique du management et des affaires était une science exacte, ça se saurait.

    Cependant elle est relativement simple, quand on peut distinguer facilement ce qui est bon et ce qui est mauvais : la corruption c’est mal, trier ses déchets c’est bien (encore qu’il faille considérer la totalité du cycle de vie), assurer gratuitement des formations pour des associations c’est bien etc.  C’est une question de volonté, éventuellement d’affectation de ressources, mais pas de discernement. Encore que, selon qu’on est à Romorantin, à Tegucigalpa ou à Dacca, « corruption » et « déchet » méritent qu’on y regarde de plus près avant de trancher ; c’est une difficulté que rencontrent les groupes internationaux.

    Là où les choses se compliquent, c’est  quand :

    -         >  plusieurs critères éthiques conduisent à des exigences contradictoires,

    -         >  ou bien quand il faut choisir entre deux « biens » apparents,

    -       > ou bien quand vos valeurs sont non pas en contradiction mais hiérarchisées différemment de celles de l’entreprise, ou celles de l’entreprise différemment de celles de telle ou telle partie prenante,

    -          > ou encore quand deux objectifs de l’organisation ou de votre feuille de route annuelle entrent en conflit,

    -           etc.

    C’est alors une question de discernement avant d’être une question de volonté ou de priorité d’affectation de ressources. 

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  • Ce document a été publié le 17 mai 2018 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conjointement avec le Dicastère pour le Service du développement humain intégral.

    Le titre complet est: «Questions économiques et financières, considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel».  En résumé Oe&Pec Quae ou OPQ dans la suite. Complémentaire des encycliques pontificales, il apporte à un niveau opératoire des éléments de réponse réclamés depuis longtemps et avec insistance, sur les aspects moraux de l’ultra-financiarisation de l’économie. Selon La Croix 18/05/2018, ce texte «veut apporter un éclairage moral à une société fondée non plus sur une économie du travail mais sur une économie financière et auto-centrée».

    Le présent article se propose :

    -         *  de relier Oe&Pec Quae aux interventions antérieures de l’Eglise sur la place de la Finance dans l’économie et les problèmes qu’elle soulève,

    -          *   de le relier également à différentes  voix de la société civile (y compris issues du monde de la Finance): par exemple l'article de Salins et Villeroy de Galhau de 2009 dans la revue Etudes, dans la foulée de la crise de 2008 et de la parution de Caritas in Veritate; ou encore "Dysfonctionnements des marchés financiers" de Lepetit, Economica 2014

    -          *   et enfin de montrer ce qui est nouveau dans Oe&Pec Quae et ce qui ne l’est pas, ainsi que quelques points qui  n’y sont pas traités.

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  • «Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus» est une mauvaise formulation d’un vrai sujet. En effet, le monde n’a jamais été chrétien, il a toujours été anti-Christ. Tout au plus certaines périodes ont permis l’essor en Occident d’une société humaine, la Chrétienté, fléchissant de plus ou moins bonne grâce le genou devant Jésus-Christ (Philippiens 2, 9-11). Elle a connu son apogée aux environs du XII-XIIIème siècle. Par un concours de circonstances, depuis la mise en ligne de l’article sur le livre de Rod Dreher (version française Artège 2017), j’ai eu entre les mains quelques documents sur les expériences contemporaines de monachisme, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». D’où l’idée de compléter l’article d’origine :  comment-etre-chretien-dans-un-monde-qui-ne-l-est-plus-le pari bénédictin . Cela nous éloigne davantage encore des questions économiques mais le sujet en vaut la peine.

    L’article initial examinait surtout le rôle des moines et de la règle de saint Benoît dans l’essor de la civilisation chrétienne médiévale.

    Dans un  second article complétant le premier, nous avons parlé du rôle des moniales à cette même époque (incluses implicitement dans le premier article mais ayant joué des rôles spécifiques), et apporté quelques suppléments aux premières investigations. Nous examinerons également rapidement des réalisations ou expérimentations contemporaines, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». Nous ne chercherons pas à comparer le monachisme « classique » (depuis la restauration du XIXème siècle après les destructions révolutionnaires) avec le monachisme médiéval. Il n’est certes pas question de mettre sur le même pied les 50 dernières années et 1500 ans d’expérience bénédictine et européenne, mais dans un commentaire du livre de Dreher on ne pouvait passer sous silence les expériences récentes, y compris aux Etats-Unis.

    Dans ce troisième et dernier article, on trouvera un certain nombre de textes du magistère romain, éclairant la façon dont l’Eglise conçoit la vie monastique contemporaine et ce qu’elle attend des laïcs. Nous proposerons également une synthèse de la revue qu’a faite La Nef (n° 301 et 303 notamment) de plusieurs livres abordant le même sujet que Rod Dreher. Le récent livre de Danièle Hervieu-Léger : « Le temps des moines- clôture et hospitalité » PUF 2017 apporterait certainement aussi d’utiles analyses. Ceci clôturera le commentaire de la salutaire interpellation de Rod Dreher.

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  • «Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus» est une mauvaise formulation d’un vrai sujet. En effet, le monde n’a jamais été chrétien, il a toujours été anti-Christ. Tout au plus certaines périodes ont permis l’essor en Occident d’une société humaine, la Chrétienté, fléchissant de plus ou moins bonne grâce le genou devant Jésus-Christ (Philippiens 2, 9-11). Elle a connu son apogée aux environs du XII-XIIIème siècle. Par un concours de circonstances, depuis la mise en ligne de l’article sur le livre de Rod Dreher (version française Artège 2017), j’ai eu entre les mains quelques documents sur les expériences contemporaines de monachisme, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». D’où l’idée de compléter l’article d’origine :  comment-etre -chretien-dans-un-monde-qui-ne-l-est-plus-le pari bénédictin . Cela nous éloigne davantage encore des questions économiques mais le sujet en vaut la peine.

    L’article initial examinait surtout le rôle des moines et de la règle de saint Benoît dans l’essor de la civilisation chrétienne médiévale.

    Dans un premier complément, nous parlerons du rôle des moniales à cette même époque (incluses implicitement dans le premier article mais ayant joué des rôles spécifiques), et apporterons quelques suppléments aux premières investigations. Nous examinerons également rapidement des réalisations ou expérimentations contemporaines, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». Nous ne chercherons pas à comparer le monachisme « classique » (depuis la restauration du XIXème siècle après les destructions révolutionnaires) avec le monachisme médiéval. Il n’est certes pas question de mettre sur le même pied les 50 dernières années et 1500 ans d’expérience bénédictine et européenne, mais dans un commentaire du livre de Dreher on ne peut passer sous silence les expériences récentes, y compris aux Etats-Unis.

    Dans un troisième et dernier article, on trouvera un certain nombre de textes du magistère romain, éclairant la façon dont l’Eglise conçoit la vie monastique contemporaine et ce qu’elle attend des laïcs.Nous proposerons également une synthèse de la revue qu’a faite La Nef (n° 301 et 303 notamment) de plusieurs livres abordant le même sujet que Rod Dreher. Le récent livre de Danièle Hervieu-Léger : « Le temps des moines- clôture et hospitalité » PUF 2017 apporterait certainement d’utiles analyses. Ceci clôturera le commentaire de la salutaire interpellation de Rod Dreher.

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