• Barthélemy Laurent

  • «Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus» est une mauvaise formulation d’un vrai sujet. En effet, le monde n’a jamais été chrétien, il a toujours été anti-Christ. Tout au plus certaines périodes ont permis l’essor en Occident d’une société humaine, la Chrétienté, fléchissant de plus ou moins bonne grâce le genou devant Jésus-Christ (Philippiens 2, 9-11). Elle a connu son apogée aux environs du XII-XIIIème siècle. Par un concours de circonstances, depuis la mise en ligne de l’article sur le livre de Rod Dreher (version française Artège 2017), j’ai eu entre les mains quelques documents sur les expériences contemporaines de monachisme, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». D’où l’idée de compléter l’article d’origine :  comment-etre-chretien-dans-un-monde-qui-ne-l-est-plus-le pari bénédictin . Cela nous éloigne davantage encore des questions économiques mais le sujet en vaut la peine.

    L’article initial examinait surtout le rôle des moines et de la règle de saint Benoît dans l’essor de la civilisation chrétienne médiévale.

    Dans un  second article complétant le premier, nous avons parlé du rôle des moniales à cette même époque (incluses implicitement dans le premier article mais ayant joué des rôles spécifiques), et apporté quelques suppléments aux premières investigations. Nous examinerons également rapidement des réalisations ou expérimentations contemporaines, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». Nous ne chercherons pas à comparer le monachisme « classique » (depuis la restauration du XIXème siècle après les destructions révolutionnaires) avec le monachisme médiéval. Il n’est certes pas question de mettre sur le même pied les 50 dernières années et 1500 ans d’expérience bénédictine et européenne, mais dans un commentaire du livre de Dreher on ne pouvait passer sous silence les expériences récentes, y compris aux Etats-Unis.

    Dans ce troisième et dernier article, on trouvera un certain nombre de textes du magistère romain, éclairant la façon dont l’Eglise conçoit la vie monastique contemporaine et ce qu’elle attend des laïcs. Nous proposerons également une synthèse de la revue qu’a faite La Nef (n° 301 et 303 notamment) de plusieurs livres abordant le même sujet que Rod Dreher. Le récent livre de Danièle Hervieu-Léger : « Le temps des moines- clôture et hospitalité » PUF 2017 apporterait certainement aussi d’utiles analyses. Ceci clôturera le commentaire de la salutaire interpellation de Rod Dreher.

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  • «Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus» est une mauvaise formulation d’un vrai sujet. En effet, le monde n’a jamais été chrétien, il a toujours été anti-Christ. Tout au plus certaines périodes ont permis l’essor en Occident d’une société humaine, la Chrétienté, fléchissant de plus ou moins bonne grâce le genou devant Jésus-Christ (Philippiens 2, 9-11). Elle a connu son apogée aux environs du XII-XIIIème siècle. Par un concours de circonstances, depuis la mise en ligne de l’article sur le livre de Rod Dreher (version française Artège 2017), j’ai eu entre les mains quelques documents sur les expériences contemporaines de monachisme, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». D’où l’idée de compléter l’article d’origine :  comment-etre -chretien-dans-un-monde-qui-ne-l-est-plus-le pari bénédictin . Cela nous éloigne davantage encore des questions économiques mais le sujet en vaut la peine.

    L’article initial examinait surtout le rôle des moines et de la règle de saint Benoît dans l’essor de la civilisation chrétienne médiévale.

    Dans un premier complément, nous parlerons du rôle des moniales à cette même époque (incluses implicitement dans le premier article mais ayant joué des rôles spécifiques), et apporterons quelques suppléments aux premières investigations. Nous examinerons également rapidement des réalisations ou expérimentations contemporaines, notamment ce qu’on appelle le «monachisme urbain». Nous ne chercherons pas à comparer le monachisme « classique » (depuis la restauration du XIXème siècle après les destructions révolutionnaires) avec le monachisme médiéval. Il n’est certes pas question de mettre sur le même pied les 50 dernières années et 1500 ans d’expérience bénédictine et européenne, mais dans un commentaire du livre de Dreher on ne peut passer sous silence les expériences récentes, y compris aux Etats-Unis.

    Dans un troisième et dernier article, on trouvera un certain nombre de textes du magistère romain, éclairant la façon dont l’Eglise conçoit la vie monastique contemporaine et ce qu’elle attend des laïcs.Nous proposerons également une synthèse de la revue qu’a faite La Nef (n° 301 et 303 notamment) de plusieurs livres abordant le même sujet que Rod Dreher. Le récent livre de Danièle Hervieu-Léger : « Le temps des moines- clôture et hospitalité » PUF 2017 apporterait certainement d’utiles analyses. Ceci clôturera le commentaire de la salutaire interpellation de Rod Dreher.

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  • Le gouvernement français recueille actuellement les avis des citoyens (du moins ceux qui ont accès à Internet et s'intéressent à la question) sur la politique énergétique (PPE), à travers le questionnaire en ligne: https://ppe.debatpublic.fr/questionnaire-debat

    Pourquoi relayer ce questionnaire sur le site des AEC? L'Eglise catholique (dont la doctrine sociale - DSE- est la référence des AEC)  peut-elle apporter un éclairage utile à l'orientation des politiques énergétiques nationales, européenne ou mondiale?

    Doctrine sociale de l'Eglise catholique et politique énergétique - ceci n'est pas un article

    Même si Laudato'Si donne beaucoup d'indications et d'orientations à la lumière de la DSE, le sujet est trop complexe pour être traité dans un simple article et par un seul auteur. Il ne s'agit ici que d'attirer l'attention sur cette facette possible de la Doctrine sociale de l'Eglise. Répondre au  questionnaire PPE  peut être à la fois un geste civique et une base pour approfondir la réflexion sur ce sujet: on ne peut répondre au questionnaire sans se poser quelques questions relatives à la justice sociale et à l'économie au sens premier du terme.

    On pourrait penser que c'est un sujet qui sort largement du champ de compétence, même pratique, de l'Eglise catholique voire de quelque religion que ce soit, mais la question de l'accès à l'énergie et des modes de production et de distribution d'énergie, soulève des points d'éthique au même titre que la finance, la bioéthique ou l'accès aux ressources naturelles comme l'eau. Des questions de justice sociale notamment ainsi que des questions d'ordre économique.La politique énergétique est un enjeu de souveraineté des Etats et un facteur de risque et de tension ( accès aux ressources rares) autant que de sécurité. Par ailleurs elle est étroitement couplée avec celle de l'environnement et donc de la relation de l'homme à la Création divine, dont les papes ont de plus en plus largement traité notamment depuis Jean XXIII, Laudato 'Si étant le dernier texte pontifical sur la question.

    Doctrine sociale de l'Eglise catholique et politique énergétique - ceci n'est pas un article

    Les quelques liens qui suivent permettent de se convaincre que l'accès à l'énergie, la production et le commerce de l'énergie rentrent bel et bien dans le champ de la doctrine sociale de l'Eglise. Le titre du programme américain "Atoms for Peace" (Eisenhower, 1953 à l'ONU), éminemment ambigu car directement lié aux utilisations militaires de l'atome, montre que le sujet (énergie atomique ou toute autre forme) concerne l'Eglise. Le Vatican est d'ailleurs membre de l'AIEA directement issue d'Atoms for Peace.

    encyclique Caritas in Veritate 2009  (2 occurrences du mot énergie au sens matériel du terme)

    encyclique Laudato 'Si 2015 (pas moins d'une 20aine d'occurrences du mot énergie, souvent accolé au mot "renouvelable")

    SFEN-RGN: energie-nucleaire-question-ethique  (interview de Mgr Stenger, janvier 2016)

    CEF avril 2017-a-tours-plaidoyer-transition-energetique/

    Le Monde novembre 2006: Benoît XVI et les énergies renouvelables

    et bien d'autres encore, même si le Compendium de la DSE de 2005 n'a pas d'entrée "énergie".

     

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  • Il est bien sûr fait allusion dans le titre à l'ouvrage de Rod Dreher: «Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus- Le pari bénédictin»  (Artège 2017)

    Egredere : Sors ! (Gen XII,1) – Panégyrique de saint Benoît prononcé par Bossuet dans une église de bénédictins, à Paris, un 21 mars, vers 1665.

    Cet exergue n’est pas celui du livre de Rod Dreher (qui, logiquement, emprunte le sien à la Règle de saint Benoît). Il nous a paru cependant bien refléter l’esprit de l’ouvrage. Au lecteur de juger.

    Le livre de Rod Dreher, qui s’adresse à des Américains, ne peut cependant pas laisser indifférent un lecteur chrétien européen. Il peut même le laisser perplexe. Non seulement il traite du conflit consubstantiel et irréductible entre l’Eglise et le monde, énoncé par Jésus-Christ lui-même, et dont Rome, puis la Chrétienté, puis l’Europe de plus en plus déchristianisée ont été le théâtre souvent tragique. Mais aussi il en appelle à saint Benoît, de facto père de l’Europe chrétienne depuis plus de 1500 ans et saint patron de l’Europe depuis Paul VI (bref Pacis Nuntius, 24 octobre 1964), bien qu’il n’y ait très probablement pas songé un seul instant à une telle postérité. Saint Benoît et ses disciples peuvent-ils faire pour l’Europe déchristianisée du XXIème siècle, d’une façon nouvelle, ce qu’ils ont fait (sans nécessairement le rechercher) pour les âges chaotiques qui succédèrent à la chute de l’ordre romain ? La réponse est peut-être dans une phrase de Valéry, qu’on trouve dans le livre de Dom Gérard (fondateur du Barroux), Demain la Chrétienté (Dismas 2008) livre qui traite exactement du même sujet que celui de Dreher. Paul Valéry (dans Tel Quel): «La véritable tradition dans les grandes choses n’est point de refaire ce que les autres ont fait, mais de retrouver l’esprit qui a fait ces choses et qui en ferait de tout autres en d’autres temps

     

    Ce premier article est suivi d'un autre, qui approfondit certains points: comment-etre-chretien-dans-un-monde-qui-ne-l-est-plus-rod-dreher-suite et enfin d'un troisième qui tente de récapituler les orientations contemporaines de l'Eglise sur la vie monastique et la vie des laïcs .

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  • On parle beaucoup d’entreprise libérée (oui, mais de qui ou de quoi et pour quoi?), d’entreprise éclairée (oui, mais comment et par quelle lumière ?), etc. Alors pourquoi pas l’entreprise inspirée ? (oui, mais par qui ou par quoi et pour quoi ?) Outre quelques ouvrages sur lesquels on reviendra à la fin de cet article, un colloque à la Maison des sciences de la gestion se tenait jeudi 22 mars sur le thème temps et place de la spiritualité en gestion  à la Maison des sciences de la gestion (voir le programme ici). Y compris "Oser la spiritualité en tant que dirigeant". Un de nos confrères AEC y participait.

    Les auteurs spirituels chrétiens, en particulier les fondateurs d’ordres religieux, ont toujours inspiré des décideurs, ou des conseillers de décideurs, notamment dans le monde économique mais aussi politique. Ils ont souvent été eux-mêmes, spécialement les moines, des décideurs économiques, et savaient – savent encore-  de quoi ils parl(ai)ent. Nous porterons notre attention principalement sur saint Benoît et sa Règle, sans pour autant nous priver d’un coup d’œil du côté de l’auteur des Exercices spirituels, saint Ignace de Loyola, ainsi que de saint Bernard de Clairvaux (dans le De Consideratione, conseils énergiques adressés à son ancien disciple devenu pape, Eugène III, confronté aux dangers des affaires du monde). Un tour d’horizon préalable nous montrera aisément que l’on peut trouver bien d’autres sources chrétiennes y compris récentes, transposables peu ou prou à l’administration et à la gestion de l’entreprise (pardon : à la gouvernance et au management) ; et plus globalement à la manière d’être dans le milieu professionnel. Un survol des apports de certaines spiritualités orientales est proposé en final.

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