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    MANIFESTE DE

    L’ASSOCIATION DES ÉCONOMISTES CATHOLIQUES (AEC)

     

    Les adhérents de l’AEC (Association des Économistes catholiques) affirment leur accord avec les principes suivants :

    • Ils entendent rester fidèles aux enseignements du Magistère de l’Église Catholique et du Pape en particulier, notamment dans le domaine de la Doctrine sociale de l’Église.
    • Ils reconnaissent, avec le Concile Vatican II (Gaudium et spes 36-2) “ la juste autonomie des réalités terrestres ” au sens où “ les choses créées et les sociétés elles-mêmes ont leurs lois et leurs valeurs propres que l’homme doit peu à peu apprendre à connaître, à utiliser et à organiser ”. La science économique rentre dans cette perspective et peut ainsi éclairer le jugement éthique que l’Église et les hommes doivent porter sur la société de ce temps.
    • Ils entendent mettre leurs connaissances des réalités économiques au service de la personne humaine et de sa “ dignité incomparable ” puisque le guide de toute la doctrine sociale de l’Église, “ c’est la juste conception de la personne humaine, de sa valeur unique ” (Centesimus annus, § 11).
    • Ils rappellent, avec Jean-Paul II, que “ l’erreur fondamentale du « socialisme » est de caractère anthropologique ” (CA § 13) et que l’échec du « socialisme réel » vient “ de la violation des droits humains à l’initiative, à la propriété et à la liberté dans le domaine économique ” (CA § 24).
    • Ils considèrent que “ l’économie d’entreprise ” ou “ l’économie de marché ” ou “ simplement l’économie libre ” est la seule capable de respecter la dignité et la créativité de la personne. Cette économie doit être entendue, au sens de Jean-Paul II, comme un “ système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l’entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu’elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique ” (CA § 42).
    • Ils savent, pour autant, que “ l’Église n’a pas de modèle à proposer ”. Sa doctrine sociale, qui “ reconnaît le caractère positif du marché et de l’entreprise ”, “ souligne en même temps la nécessité de leur orientation vers le bien commun ” (CA § 43). En outre, “ le message social de l’Évangile ne doit pas être considéré comme une théorie, mais avant tout comme un fondement et une motivation de l’action ” (CA § 57).
    • Ils admettent pleinement “ le lien constitutif de la liberté humaine avec la vérité ” (CA § 4) : la liberté, y compris dans le domaine économique et social, ne doit pas s’éloigner de la vérité de l’homme. Pour cela, “ l’économie libre ” implique un état de droit qui respecte les droits fondamentaux de la personne, une éthique qui doit sous-tendre toutes les décisions humaines et des institutions conformes au droit naturel. Ces dernières, qui doivent respecter le principe de subsidiarité et favoriser la liberté et la responsabilité, doivent aussi écarter les “ structures de péchés ” qui provoquent une “ déperdition des forces humaines ” et des comportements humainement inacceptables.
    • Ils insistent sur l’importance de la dimension personnelle de l’homme (“ personnalité de l’individu ”) (CA § 13) et sur sa dimension communautaire (“ personnalité de la société ”), puisque le “ caractère social de l’homme ne s’épuise pas dans l’État, mais il se réalise dans divers groupes intermédiaires, de la famille aux groupes économiques, sociaux, politiques et culturels qui, découlant de la même nature humaine, ont – toujours à l’intérieur du bien commun – leur autonomie propre ” ( CA § 13).
    • Ils reconnaissent “ qu’il y a un certain dû à l’homme parce qu’il est homme ” (CA§ 34) et que “ pour dépasser la mentalité individualiste répandue aujourd’hui, il faut un engagement concret de solidarité et de charité qui commence à l’intérieur de la famille ” (CA § 49), pour s’étendre peu à peu d’une communauté à l’autre. En outre, “ contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie ” (CA § 39).
    • Ils soulignent que les principales critiques que l’on peut adresser aux sociétés modernes, face à certaines dérives, à commencer par le matérialisme ambiant qui prive l’homme de ses dimensions essentielles, “ s’adressent moins à un système économique qu’à un système éthique et culturel ” (CA § 39).
    • Enfin, ils affirment que, seule, une société de libertés économiques, et donc de créativité, peut permettre à l’homme de développer, dans la dignité, toutes les richesses des multiples dimensions de la liberté humaine et de répondre ainsi à sa vocation, puisque “ l’homme est l’image de Dieu notamment par le mandat qu’il a reçu de son Créateur de soumettre, de dominer la terre. En accomplissant ce mandat, l’homme, tout être humain, reflète l’action même du Créateur de l’univers ” (LE § 4-2).

     

     

     


    Association des Économistes Catholiques (AEC) - Association Loi 1901, créée en mai 2000.

    Siège social : 22, rue des Floralies, 13770 Venelles – blog : http://www.aecfrance.fr 

    Bureau 2015-2018 : Jean-Yves NAUDET (Président, Aix-Marseille) - Jacques BICHOT (Vice-Président, Lyon III) - Pierre de LAUZUN (Vice-Président, Paris) – Jean-Didier LECAILLON (Vice-Président, Paris II) - Hervé MAGNOULOUX (Secrétaire général, Aix-Marseille et ICES) - Arnaud PELLISSIER-TANON (Trésorier, Paris I).  

     Ce manifeste a été adopté en 2000, au moment de la création de l’AEC. Il n’intègre donc pas les enseignements postérieurs des papes François et Benoît XVI, mais les membres de l’AEC réaffirment leur attachement à l’ensemble des enseignements du magistère, y compris postérieurs à ce manifeste.